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© Laudator - 2015

Largement sollicité,
ce touche-à-tout numérique nous livre ici quelques-uns de ses travaux de commandes et illustrations personnelles!

Magazine Création Numérique

Photographe, photomonteur, illustrateur numérique, Laudator est passé, en quelques années, maître dans l’art de la construction d’images et de la retouche numérique.

Art Numérique: Laudator – Interview par Thierry Guilbert

Laudator fréquente la photo depuis vingt ans. Doublement formé à l’ACE3P et à Louis Lumière, Laudator se spécialise très vite dans la photo pour magazines.

Il se fait remarquer avec un reportage sur le thème des arts éphémères en lieux publics (performances, événements artistiques, spectacles de rue …); sujet pour lequel il obtiendra une bourse du service photo du ministère de la Culture de l’époque. En tout, il y consacre trois à quatre années en tandem avec une journaliste spécialisée dans le domaine artistique, Irène Exiga,avec qui il rencontre quelque 300 artistes d’une dizaine de pays européens.

En 1988 en bon sponsor, la RATP lui propose de monter deux expositions itinérantes sur la base de son reportage.

Ses premiers travaux en numérique remontent à 1991. Et ses premiers attouchements de souris, Laudator les pratique sur une Beta 07 américaine de Photoshop, version sur laquelle il entame son autoformation qu’il poursuivra avec les différentes évolutions du logiciel d’Adobe.

Mais 1992 sera véritablement l’année du numérique pour Laudator qui, au travers de travaux de commande, se retrouve parmi les précurseurs dans le domaine de la prise de vues numériqueavec les premiers appareils Leaf : « je me suis retrouvé à participer aux premières expériences de prises de vues numériques avec les appareils photos Leaf pour réaliser les premiers catalogues numériques », raconte Laudator.

Depuis 1995, il réalise également de nombreuses couvertures de romans policiers et d’épouvantes aux Editions Fleuve Noir, Albin Michel, le Reader’s Digest et la collection J’ai lu … Un exercice de photomontage qui lui réussi puisque prés de 200 couvertures sont signées Laudator.

Une démarche d’illustrateur

Photomonteur, illustrateur, intermédiaire numérique, Laudator maîtrise plus d’une trentaine de logiciels. Parmi les inévitables, Photoshop, Painter mais aussi Poser qu’il trouve cependant assez limité.

En véritable compositeur d’images, il s’est habitué à une méthode de travail qui lui permet de répondre très rapidement aux commandes des agences. Comme beaucoup de photographes, il s’est constitué un fond iconographique important. En tout, quelque 35 000 images ont été soigneusement référencées et indexées sous Cumulus. Une véritable base de données très détaillée qu’il a, depuis deux ans, indexée en fonction de ses besoins en photomontage.

 » Je ne fais pas que de la prise de vues numérique mais également du scan direct, de la création digitale de textures … « , autant d’images qui viennent alimenter son stock. Sa thématique la plus récurrente, les visuels dits  » nouvelles technologies « . A son tableau de chasseur d’images, s’ajoutent également ses nombreuses requêtes auprès des banques d’images on-line spécialisées. Aussi, les catalogues de Présentation Directe et FontShop n’ont plus de secrets pour lui. Les banques, même si leur nombre ne cesse de croître, Laudator les connaît toutes.

Son travail de création, il l’articule simplement comme un illustrateur standart.  » Après le brief, je me lance dans une recherche et me documente excessivement sur le sujet concerné par la création. Je livre ensuite un premier rough, généralement créé à la taille du document de sortie. L’image est d’ailleurs finalisée à 80-90% avant le rendu définitif. Ensuite je passe à l’exécution « , explique-t-il. Cette méthode a d’ailleurs pas mal changé depuis qu’il utilise le web au quotidien.

« Avec l’internet, toutes les étapes de fabrication de l’image s’accélèrent. En dehors du confort apporté – il y a moins de temps mort – je remarque une nette amélioration de la qualité des images réalisées. Grâce à l’échange directement par le web, les discussions avec les directeurs artistiques sont plus riches. Et je peux surtout retoucher les visuels, souvent dans l’heure, comme si je me trouvais dans les locaux du client « , explique-t-il. Cet aller-retour par mail, Laudator le pratique très souvent avec les directions créatives. Il aime à dire qu’il travaille en  » partenariat créatif « , ce qu’il fait d’ailleurs régulièrement avec ses amis artistes : plus d’une quinzaine.

Aujourd’hui équipé de deux Power Computing avec 500Mo de Ram, Laudator bénéficie d’un confort qui lui permet d’ouvrir et de travailler sur des images de 200 à 300 Mo. Cependant, le photomonteur hésite à lêcher son clone pour un G4, voire même un PC. A l’origine de ce questionnement, la 3D. Les logiciels dans ce domaine étant plus répandus dans le monde PC, l’artiste s’interroge encore sur les options à prendre.

Book ou portail ?

 » Dans l’outil numérique, il y a un aspect immédiat comme avec le polaroïd mais en beaucoup plus puissant et plus riche. Sur le web, on peut publier directement des images réalisées quelques minutes auparavant « .
Cependant, le principal danger semble être une forme de précipitation :  » on a souvent besoin de recul, de laisser reposer une création pour mieux y revenir « .

Aussi, avant de se mettre sur le web, Laudator a longuement réfléchi pendant quelques mois sabbatiques.  » Je voulais entrer sur le web de manière importante. J’ai pris le temps de réfléchir sur le fond, l’idée des images que j’allais y mettre.
En plus, j’avais une véritable soif d’Internet. Je passais facilement vingt heures connecté pour voir ce qui s’y faisait « . Ainsi, après moultes réflexions, son site (www.laudator.com) voit le jour en novembre 99.

Déjà, il réfléchit à la prochaine évolution. Même s’il ne cherche pas l’audience, quoiqu’il puisse s’enorgueillir d’une bonne fréquentation, une centaine de visiteurs par jour.

Ce qui le « branche » avant tout, c’est d’aller vers plus de professionnalisme. D’ailleurs, son site lui sert volontiers de book on-line:  » les agences avec lesquelles je suis amené à travailler sont de plus en plus familiarisées avec les books on-line. Comme je travaille énormement par mail, j’envoie en général l’URL de mon site. 80% des professionnels auxquels je communique l’adresse se connectent pour voir mes travaux «  explique-t-il.

Il oriente aujourd’hui son expérience vers un projet de grande envergure : un site portail sur l’art visuel, son dernier projet lancé avec nombre de ses amis une trentaine d’artistes, de photographes et autres professionnels du numérique. Le site se veut être une porte d’entrée pour tous les gens concernés par le numérique. Le site, ArtPortail, référence des informations pratiques (annuaires pro, écoles d’art, agenda, expositions …), des conseils de réalisation, de référencement de sites … bref, tout ce qui passe et doit être connu par les professionnels.
A consulter absolument !

Magazine Création Numérique
Interview Mars 2000 par Thierry Guilbert