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Laudator est immergé dans le monde de l’image depuis 16 ans.
Travaillant avec Photoshop depuis 1991, c’est devenu chez lui comme une seconde nature!

    Magazine Photo Vidéo Numérique

    Le Photomontage Numérique sur Photoshop, l’avis d’un pro !

    Interview par Martin Barzilai

    Laudator est immergé dans le monde de l’image depuis 16 ans. Travaillant avec Photoshop depuis 1991, c’est devenu chez lui comme une seconde nature. Réalisant des visuels pour la presse (Le Monde Interactif, Science & Vie, NewBiz, Web Magazine), pour l’édition (J’ai lu, Fleuve Noir, Albin Michel), et pour la publicité (Nike, Levi’s), il est capable de réaliser des images aussi bien dans l’urgence que des projets à long terme. Son site sur le net, tout simplement: www.laudator.com

    Sur quel type de machine travaillez-vous ?

    Sur les nouveaux Mac bi-processeur. Ce sont des machines superbes. Aujourd’hui la technique a évolué et arrive vraiment à maturité en ce qui concerne la réalisation d’image en 2D.

    En septembre dernier, j’ai réalisé, pour le Mondial de l’automobile, dix photomontages numériques dont le poids fichier était de 800 Mo avec les calques sur Photoshop. Les fichiers de travail étaient de 3 Go et, malgré ces tailles importantes, j’ai pu conserver une très grande souplesse de travail.

    Photomontage Citroen

    On dit que les professionnels de l’image préfèrent travailler sur Mac, pourquoi ?

    Les photographes, illustrateurs, photomonteurs, se sont principalement équipés de Mac dans les années 90. Les softs comme Photoshop n’étaient pas disponibles sur PC et le Mac dominait par ses innovations systèmes et matériel le marché des Arts Graphiques.

    Les éditeurs de logiciels suivaient également Apple. Par la suite, l’introduction de la 3D dans l’image fixe, (le PC domine encore le monde de la 3D aujourd’hui), le portage de softs graphiques sur PC et l’amélioration du soft système sur PC ont réduit les différences.

    Le PC présente-t-il certains avantages sur le Mac ?

    Oui, le prix du matériel, la concurrence qui existe sur le marché des ordinateurs PC, mais aussi des offres logicielles plus importantes, en particulier sur le marché du Web. Le fait également, que beaucoup de softs du monde des stations, (Sun, Silicon), se démocratisent et rentrent d’abord sur PC, tel le logiciel d’image Eclipse.

    Mais un changement de plate-forme de travail a un coût, en logiciels, périphériques et apprentissage, alors la grande majorité des professionnels de l’image préfèrent rester sur Mac. Pour ma part, un divorce avec la « p’tite pomme », après 15 ans de mariage au quotidien, me semble difficile.

    Point de vue périphériques, quelle est votre configuration ?

    Un écran 22 pouces Mitsubishi, qui est excellent par rapport à son prix, possède une bonne chromie et des réglages très complets.

    Un scanner à plat et transparent Linotype et un scan Nikon pour les Ektas.

    Des imprimantes Epson, A4, A3.

    Pour les prises de vue numériques en petit format, (utilisation rough ou image web, par exemple), un Olympus. Pour les autres prises de vue numériques, je travaille sur du Leaf dans un studio où j’ai formé des photographes au numérique (en échange j’utilise leur studio pour mes travaux).

    Vous utilisez sans doute beaucoup Photoshop; quels sont les autres logiciels dont vous vous servez ?
    Pour quelle utilisation ?

    J’ai découvert Photoshop dans la version Béta 0,7, mais je l’utilise au quotidien depuis 1991. Les principaux logiciels d’images qui le complètent sont Painter, Illustrator et Poser.

    Painter pour la qualité des ses matières dans les brosses, Illustrator pour tout ce qui concerne la création d’image et textes en vectoriel à réincorporer dans mes photomontages, (mais avec la version 6 de Photoshop, je pense que cela réduira mes passages à Illustrator), et Poser pour la réincorporation de personnages ou d’éléments 3D dans mes images Photoshop.

    Sinon j’utilise des softs plus anciens tels que Métaflo pour les déformations et le morphing, De Babiliser pour tout ce qui concerne les suites de commandes en batch ou la création d’images (fond d’images) aléatoires, Texture Scapes, Textures Synth, etc…, pour certains fonds d’images.

    Pourriez-vous nous expliquer quelle méthode vous employez, en général, pour réaliser une image ?

    Après un « brief » avec le client sur le thème de l’illustration à réaliser, je commence une période de réflexion et de recherche de documentation sur le sujet.

    Je travaille beaucoup sur les thèmes des « nouvelles technologies », à la fois par interêt – ce sont des domaines qui me passionnent – mais aussi parce que le style de mes visuels y correspond bien. Ma recherche d’infos se déroule donc à 90% sur Internet.

    Ensuite je réalise des roughs, d’abord sur papier le plus souvent, (eh oui crayon, gomme, papier), avant de passer à l’étape de la réalisation du rough numérique.

    J’utilise principalement trois sources d’acquisition d’images pour mes photomontages: la prise de vue numérique ou argentique, le scan direct, (d’objets, de papiers/tissus, textures diverses), ma banque d’images de photos personnelles numérisée et indexée.

    Je complète le tout par l’acquisition régulière de CD d’images libres de droits sur des thèmes moins évidents à réaliser, (prise de vue dans l’espace, technologie lourde). J’effectue ensuite l’intégration des photos en conservant généralement d’assez près le concept de base du crayonné. La livraison de mes visuels s’effectue maintenant toujours par Internet, le client a ainsi la possibilité de réagir à chaud et les différentes corrections, s’il y a lieu, se font dans la foulée. Internet permet pour cela un véritable gain de temps et la création y gagne en souplesse de travail.

    Y a-t-il un élément de la chaîne graphique qui soit particulièrement important pour réussir ses photomontages ?

    D’un point de vue matériel technique, l’écran est pour moi l’élément le plus important de la chaîne graphique numérique.

    La qualité et la fidélité de la calibration des couleurs restent incontournables pour la réalisation de visuels. J’ai pour la plupart de mes clients réguliers, un réglage et une calibration écran propre à leur photogravure.

    Quelle est, pour vous, l’évolution idéale que devraient suivre les logiciels de retouche ?

    Lorsque l’on travaille sur des images de grande taille, (il m’est arrivé récemment de réaliser des visuels de 2,5x5m), la compression des pixels à l’écran fait que l’on ne peut visualiser son image normalement, et le rendu en est ainsi faussé. Un logiciel d’image en son temps (Live Picture), avec sa technologie de travail, contourne ce problème, mais les softs du style de Photoshop ne le permetttent pas car ils emploient une autre technique.

    C’est un handicap majeur dès que l’on se trouve sur des formats d’images du style A3 pour un 21/22 pouces. Je crois que c’est une donnée que les logiciels d’images devraient prendre en compte.

    Y a-t-il des outils, qui n’existent pas, que vous désireriez voir apparaître ?

    Oui, beaucoup, certains sont déjà là comme la tablette Wacon Ecran. Mais son prix demanderait à être revu à la baisse et, à mon avis, elle devrait encore gagner en souplesse.

    Un domaine qui m’intéresse beaucoup, en tant que photographe et photomonteur numérique, est celui qui concerne la 3D à partir de documents photos, à travers des logiciels du type d’Image Modeleur (éditeur Realviz).

    Magazine Photo & Vidéo Numérique
    Interview par Martin Barzilai – Février 2001